L’Odyssey of Aion ne s’arrête pas à l’Antarctique.
Son cœur, c’est l’hivernage : poser le voilier acier Arion d’Astrion sur la glace,
l’abriter sous un dôme thermique et vivre un cycle complet, du début de l’hiver au retour de la lumière,
sur la banquise de la péninsule Antarctique.
Dôme thermique
Autonomie énergétique
Solitude longue durée
Hiberner avec un voilier
Hiberner sur la banquise, c’est accepter qu’un voilier cesse d’être un navire pour devenir une petite station polaire.
Arion d’Astrion ne flottera plus : il sera halé sur la glace, calé, partiellement enterré,
recouvert d’un dôme thermique, relié à des abris extérieurs.
Le gréement devient antenne météo, le pont devient toit, la coque devient refuge.
L’objectif de l’hivernage est double : survivre dans de bonnes conditions au froid, au vent, à la nuit prolongée,
et ramener un retour d’expérience précis sur ce que signifie faire vivre un voilier acier dans la glace,
pendant un cycle complet, sans aide d’un brise-glace.
Halage, semi-enterrement, dôme thermique
Une fois la zone d’hivernage choisie sur Hovgaard Island, Arion d’Astrion sera halé sur la glace à l’aide d’un treuil de 24 t
et de mouillages judicieusement positionnés. L’objectif est de l’amener suffisamment haut pour le protéger de la pression
de la glace, des marées et des mouvements de pack.
Le bateau sera ensuite semi-enterré et recouvert d’une structure de protection :
un dôme thermique sous lequel la coque restera hors d’eau, à l’abri direct du vent et de la neige soufflée.
Autour, des abris type « igloo-trépots » serviront à stocker le matériel, les vivres, les outils et le carburant,
tout en améliorant la ventilation et en déplaçant les masses thermiques hors de la coque.
- Limiter l’exposition directe au vent et au blizzard.
- Réduire les gradients thermiques sur la coque acier.
- Créer un volume tampon entre l’extérieur et l’intérieur.
- Permettre une gestion plus fine du chauffage et de la condensation.
- Désengorger le bateau des charges inutiles à l’intérieur.
- Stocker les vivres, voiles, outillage, carburant, en dehors du volume habité.
- Faciliter la surveillance des points de condensation.
- Créer des zones de travail extérieures abritées.
Gagner la bataille thermique
Dans un voilier acier, la question n’est pas seulement de se chauffer.
La vraie bataille se joue sur le point de rosée, la condensation et le givre.
Une paroi trop chaude à l’intérieur et trop froide à l’extérieur devient un piège à eau : la vapeur condense,
ruisselle, gèle, revient. À long terme, c’est la corrosion et la destruction des isolants.
Pour l’hibernage, Arion d’Astrion combine plusieurs systèmes :
isolation des fonds et du pont, chauffage redondant (Webasto, poêle à bois, poêle fioul Refleks M60),
ventilation forcée et naturelle. L’objectif thermique est simple : maintenir un environnement de vie
autour de 15 °C à l’intérieur, tout en expulsant le point de rosée hors de l’acier.
- Deux poêles (bois et fioul) plus un chauffage air pulsé pour la redondance.
- Cheminées adaptées au dôme, prolongeant l’évacuation des fumées.
- Gestion stricte de la ventilation pour éviter le monoxyde et l’humidité.
- Panneaux solaires, éolienne, génératrice, parcs lithium basse température.
- Dimensionnement de la consommation pour tenir tout l’hiver.
- Hiérarchisation des usages : sécurité, chauffage, navigation, confort.
Vivre un hiver entier sur la glace
Hiberner sur la banquise, ce n’est pas seulement un défi technique, c’est surtout une expérience humaine extrême.
Pendant plusieurs mois, le temps se contracte : le soleil disparaît, les journées se ressemblent,
les repères classiques s’effacent.
Il faut construire un rythme, une discipline, des rituels qui structurent l’hiver.
L’Odyssey of Aion documentera cette dimension humaine :
gestion du sommeil, des repas, de l’activité physique, des moments de doute comme des instants de grâce.
La caméra sera à la fois témoin et exutoire, pour raconter ce que signifie vivre volontairement seul,
sur la glace, avec un voilier pour seul refuge.
On le traverse en apprenant à habiter le temps, jour après jour. »
Risques, marges et plans de repli
Hiberner sur la banquise implique d’accepter une part de risque. Glace en mouvement, tempêtes, bris de matériel,
incidents médicaux potentiels, isolement relatif : tout cela fait partie du cadre.
Mais le risque n’est jamais recherché pour lui-même. Il est pensé, anticipé, réduit autant que possible.
La préparation comprend des plans de repli : protocoles d’évacuation, scénarios de reconfiguration
du bateau, gestion des stocks critiques, communication régulière via satellite.
L’important n’est pas de “tenir” coûte que coûte, mais de revenir avec le bateau, les données, les images et l’expérience.
Documenter un hivernage moderne
L’hivernage sur la banquise sera l’occasion de collecter des informations précises :
comportement thermique du bateau, performances énergétiques, gestion de la condensation,
logistique quotidienne, organisation des espaces de vie et de travail.
Ces données nourriront le documentaire de l’Odyssey of Aion, les conférences au retour,
et pourront intéresser des partenaires techniques, des écoles, des organismes impliqués dans la navigation polaire
ou l’ingénierie en milieu froid.